Comme une vengeance pour tout ceux qui ont décidé d'éviter la cohue au supermarché et les plages bondées, préférant partir joliment dès le mois de Septembre s'épanouissant, la Villette vous fait regretter un été passé à glander à côté de vos dossiers. A partir du 5 septembre, la Cité de la musique et la Villette mettent le feu à vos soirées qui de gentiment mimétiques vont passer à mythiques. Les hostilités seront lancées dès le 5 septembre avec le concert exceptionnel de John Cale qui reprend son cultissime "Paris 1919" accompagné de l'Orchestre National d'Ile-de-France à la Salle Pleyel. Suivront le concert événement en hommage aux Black Panthers avec les hip hopeux The Roots, les free "grandfather of rap" The Last Poets & David Murray pour la clôture du festival Jazz à la Villette. Puis l'épileptique et théâtrale Fraulein Nina Hagen le 17 septembre et enfin le blues man Nick Cave avec son Grinderman en octobre. Si ce programme ne change pas immédiatement vos projets direction la sublime Corse débordée afin d'être parisien à la rentrée, alors je rends les armes...et m'en vais les enterrer.
A tous les fétichistes d’un glamour hollywoodien trépassé, plus besoin de partir en tournée ni d’un entraînement très poussé pour vous transformer en cover girl des années 50. Après les cours de pole dance, trop fréquentés par des filles hystériques en plein enterrement de féminité, il existe depuis le 1O juillet dernier un moyen plus simple pour les paresseuses néanmoins langoureuses s’étant toujours rêvées en couverture des magazines. Le Motor Village, qui avec un nom pareil, vous laisse, à tort, imaginer une version tunée de vos attributs flattés plutôt qu’un lieu élégamment désuet vient d’installer un éphémère photomaton «For ladies only" le temps de l’exposition consacrée à des décennies de couvertures du magazine Elle. Entrez dans la cabine, fermez délicatement le rideau et laissez-vous happer dans le monde archaïquement valorisant où la star, c’est vous : portez gants, postérieurs moulés, moue boudeuse outrageusement maquillée si vous le souhaitez ou soyez juste vous-mêmes. Seul bémol : il vous manquera juste 13 mn pour accéder à la célébrité.
Si Lafontaine se servait des animaux pour instruire les hommes, il ne fût pas l’initiateur d’une tendance qui vît le jour une fois écoulée le temps nécessaire à la religion de dompter ses ouailles. Initié par le Physiologus au 2ème siècle après JC, le Bestiaire rend grâce au Créateur en usant de l’animal comme allégorie ou personnification de traits de caractères imputables à l’homme. Le Renard, nouveau lieu parisien de fêtes emmené par la bande bagatello-romanesque de Rasmus Michau, fait fi de son passé théâtral pour laisser place à un lieu harmonieux, festif et interactif (restaurant, bar et karaoké) où l’on chante et se donne en spectacle élégamment jusqu’à plus soif. Mais alors, si de ceci découle cela, pourrions-nous ainsi prudemment avancer qu’il s’agirait peut-être là d’un prétexte à une satire de la société ? Rusé les gars !
Est-ce vraiment un vilain défaut d'avoir la curiosité de toujours aller voir ce qu'il se passe ailleurs? La Fondation Cartier vous évite une réflexion intense autour de cette question existentielle en vous conviant à ses prochaines Soirées Nomades. Save the Date, comme disent les archaïques flyers pour annoncer une soirée qui-serait-vraiment-malvenu-de-rater-tellement-ce-serait-incommensurablement-classe-de-dire-qu'on-y-était, les 24 mai et 11 juin prochain. La nouvelle Fondation invite respectivement les multi performers Lee Ranaldo, célèbre activiste des Sonic Youth et NicoNote,charismatique interprète pour l'iconoclaste famille de metteurs en scène italienne Castelluci, a deux soirées uniques, qui ne vous offriront peut-être pas une attention démesurée de la part de vos hôtes lors de votre prochaine soirée mondaine, mais qui resteront certainement et silencieusement gravées en vous comme un autre monde.
Après l’ouverture de la pizzéria « Réginette », petite sœur culinaire du Régine, qui avait inauguré quelques joyeuses soirées en distribuant des pizzas à un public affamé, le Mama Shelter, hôtel périphériquement starckien, à qui l’amusement ne fait pas non plus peur, ouvre la Mamma Pizza. A l’intérieur de l’hôtel, déjà bien occupé en lieux dédiés aux nourritures terrestres, voici donc un nouvel arrivant délicieusement habillé dans un genre ringardo-italien du plus bel effet, payant pourtant de mines, mais moins que l’addition soigneusement low-cost. Un bonne mise en bouche avant de pouvoir de nouveau profiter de l’attraction principale du lieu, les barbecues sur la terrasse cet été.