“Martin Margiela n'existe pas, c'est la Maison Martin Margiela qui existe, Martin a disparu (ou n'a jamais existé). Alors pourquoi Martin est génial : parce que Martin est ultra fashion alors qu'il fait du vêtement et pas de la fashion justement. Parce que ses recherches sont à la fois conceptuelles, une vraie quête de sens, une recherche sur ce qu'est le vêtement, et qui est la personne qui le porte et en même temps compréhensibles et jouissives au premier coup d'oeil. Parce que tous les concepts modernes, de la récup à la décroissance ont été traités chez lui en premier et mieux que personne. Parce qu'en orchestrant sa propre disparition, il est devenu la (non) représentation de la quintessence de la création (ce qui soulage de la commune tyrannie du créateur) et sans le savoir ou justement en le sachant parfaitement, est aussi devenu un génie du marketing”. J’emmènerai volontiers, comme dans ses nouvelles pour dames, la propriétaire de ses paroles faire un tour du côté de chez Barn’s, dans l’ancienne résidence royale de Somerset House pour une journée d’amitié sacrée. Elle me parlerait de Martin, je lui répondrai Tom et pendant que nous débattrions pendant des heures sur le voile des illusions, Alain Souchon et le pavé de thon, je lui réciterai cette phrase de Somerset Maugham qui nous ferait peut-être rester plus d’une journée “ si les bars à Londres avaient des terrasses, Alix, on y boirait des verres de pluie”...
Exposition Maison Martin Margiela '20’ The Exhibition jusqu’au 05 septembre 2010 - Somerset House : Strand, London WC2R 1LA. Tom’s Kitchen : ouverture le 26 juillet - +44 (0)20 7845 4646 pour réserver.
Les londoniens se foutent de notre fête nationale, des feux d'artifice, des pompiers, du vin blanc et des pauvres petits bals perdus. Ils aiment la bière, les freaks et par dessus tout terminer leurs soirées quand le soleil peine à se lever. Jeudi 15 juillet dernier, le magazine gonflo gonzo décalé Vice, version anglaise, a fêté la fiction rejoignant la réalité, dans le bar le plus branché de Londres, The Old Blue Last. Vieux bar décati, récemment rafraîchi, "the coolest bar in the world" pour le NME, "the london's best live music venue" pour The Evening Standard proposait une soirée furieusement vivante où une faune bigarrée de mèches enfiévrées ne faisaient pas que se disputer l'accès aux WC. Une expérience à renouveler dès le 28 juillet avec un live de l'hypnotique Koudlam dans le lieu parfait pour oublier que le retour se sépare rarement de l'aller.
The Old Blue Last - 38 Great Eastern St - Shoreditch
L’injonction est de taille : il ne vous reste plus que 2 jours pour assister à « Nevermore », comédie musicale déjantée, inspirée par la vie et la mort du père du conte fantastique Edgar Allan Poe. Mise en scène par la compagnie de théâtre contemporaine Catalyst jusqu’au 10 juillet au Barbican, c’est un spectacle détonnant entre burlesque punk et violence surréaliste proche de la performance qu’un Bob Wilson ou Tim Burton n’aurait pas renié... Le spectacle se vit autant par son histoire, que sa musique, ses costumes époustouflants et sa scénographie, une unité chère à Poe qui travaillait ses nouvelles sur le principe cosmogonique du tout. Une bonne raison pour faire un A/R à Londres, que quelqu’un vous attende ou non de l’autre côté.
The Imaginary Life and Mysterious Death of Edgar Allan Poe / 6 - 10 July 2010 / 19:45, 14:30 au Barbican Theatre