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Chopin Hour

chopinDans « Pensées et Fragments", le philosophe homonyme de ce titre à peine alcoolisé, ne pensait certainement pas définir la vie de Fréderic Chopin en déclarant que « la vie d’un homme n’est qu’une lutte pour l’existence avec la certitude d’être vaincu », et pourtant…

De santé fragile, le pianiste génial, improvisateur hors pair, préférant à l’étouffement des salles de concert et du public, partager la passion de sa vie dans l’intimité de son salon avec ceux qu’il chérissait, traversa la vie avec la même fulgurance qu’il créait. « …nous sentions que quelque chose de sa vie s'écoulait avec les sons » commentera un de ses amis de l’époque lors d’une de ses soirées.

Pour fêter le bicentenaire de la naissance du pianiste romantique polonais, la Cité de la musique et la Bibliothèque Nationale de France s’associent pour une grande exposition retraçant le parcours créatif du génial artiste, ses sources d’inspiration et ceux qu’il a inspiré. Chaque après-midi, et jusqu’au 14 mars, l’œuvre intégrale du pianiste sera jouée sur le piano original de Chopin, un Broadwood 1847, qui l’accompagna en tournée en Angleterre.

Une exposition riche et foisonnante qui étrangement vous donnera certainement envie de réécouter de vieux morceaux de celui qui gardait près de son Steinway, les photos de Chopin et de Sid Vicious comme pour dire que le romantisme rocks baby…

Du 9 mars au 6 juin 2010 à la Cité de la Musique.

 

Fall it again, Sam

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De Camus à l'Automne, du groupe de post-punk britannique à l'expulsion du Paradis, la Chute inspire. De son côté, The Guardian imagine une playlist thématique à éradiquer le sourire revenu des visages post-hivernaux de vos amis :

The Versatiles – Teardrops Falling / Al Hibbler – The Blues Came Falling Down

Patsy Cline – I Fall to Pieces / Julee Cruise – Falling

Kings of Convenience – Free Fallin'  / One Dove – Fallen

Donald Byrd – (Fallin' Like) Dominoes / Hank Locklin – Please Help Me, I'm Falling

Fats Waller – I've Got a Feeling I'm Falling / Tim Buckley – Falling Timber

Neil Young – Falling Off the Face of the Earth / Billie Holiday – Stars Fell On Alabama




 

Fashion Rio

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Si le dicton brésilien, (en français dans le texte) qui dit "on travaille a Sao Paulo pour dépenser à Rio" se comprend assez facilement, il est un domaine qui peut malgré tout laisser sceptique et par ricochet son banquier tranquille: celui de la mode.
Si la mode s'apparente a exprimer quelque chose: une idée, une personnalité, une histoire... alors a Rio, on ne dit strictement rien. Le vêtement est utilitaire ou au mieux, il met en valeur un corps qui en a (de la valeur) et se doit ainsi d'être seulement joli et élégant donc classique. Le décalage et le jeu n'existent pas, comme si culturellement les archétypes de la femme étaient encore ancrés dans un temps que les moins de 20 ans... la faute à l'éducation et à l'histoire du pays peut-être. Si le physique tient une place prépondérante dans le quotidien ( + de 20 pour cent des dentistes mondiaux sont au Brésil, les actes de chirurgie esthétique banalisés et bon marchés et le passage quotidien chez l'esthéticienne, coiffeur, manucure quasi obligatoire... ), il est difficile de suivre ce rythme et surtout de le comprendre quand on vient d'un pays qui a connu le féminisme et la révolution sexuelle et qui aujourd'hui ne considère plus la femme comme un objet qu 'il soit d'art, de convoitise ou sexuel... 
Et pourtant Rio, comme ses consoeurs de Paris, NY, Londres, Milan et Sao Paulo, a sa Fashion Week : Fashion Rio dont les talents ne viennent pas à manquer, malgré des noms qui paraissent bizarrement ultra-référencés, alors que non, ou
tout droit sortis d'une télé-novela : Patachou, New Order, Melk-Z Da, TNG, Huis Clos, Forum, Printing, Acquastudio, Juliana Jabour,...Si d'après les spécialistes ès mode (disons Vogue) la production brésilienne, carioca en tout cas, manque encore de savoir-faire et reste "à l'état de prototype", peut-être est-ce parce qu'il y a toujours mieux à faire à Rio que s'habiller...

Pour preuve, je m'en vais siroter une caipirinha au bord de la plage, en short en jean élimé et en tong, converser pendant des heures de l'idée du beau chez Baudelaire.
Qui çà?

 

crédit photo: Andréa Marquès

 

Tout est calme

franck-loriouOn ne sait si le titre du livre de photographies de Franck Loriou est emprunté à l’insomnie de Yann Tiersen ou bien si celui dont le travail est essentiellement connu pour ses portraits d’artistes a choisi symboliquement, un peu comme on tue la mère ou le père, de faire disparaître l’humain au profit d’instants suspendus entre absence et silence. Comme si le paysage, le décor ou le cadre le plus intéressant était celui que l’homme aurait décidé d’abandonner. La place est libre pour l’imagination, heureuse issue qui nous sauve souvent de la violence d’un réel trop éprouvant. Une sorte de livre ouvert sur l’intranquillité que Claude Régy s’approprie et exacerbe en mettant en scène le poème chaotique de Pessoa «Ode maritime». Celui qui a déjà assisté à un spectacle de Claude Régy sait l’atmosphère particulière dans laquelle est plongé le spectateur : un espace temps redéfini, épuré et ralenti pour remettre au cœur de tout la parole, le sens et le rythme. Une mise en scène finalement romantique du texte que le poète John Keats, l’amoureux de l’obscur, celui «dont le nom était écrit sur l'eau» et que Jane Campion remet à l’honneur dans «Bright Star» n’aurait pas renié pour y entendre résonner l’éclatante beauté de ses vers. Si tout est calme cette semaine, la tempête n’est pas loin, qu'elle dure 3 jours...ou 50 ans...

« Tout est calme» de Franck Loriou

"Ode maritime" de Fernando Pessoa, ms Claude Régy au Théâtre de la Ville du 8 au 20 mars 2010

 

Les malheurs de Sophie

expo-purple-nyPetites filles modèles et bonnes manières n’ont jamais suscité beaucoup d’intérêt chez Olivier Zahm, fondateur de Purple magazine et photographe en sus. Plus à l’aise entouré de sublimes créatures à 4 pattes aboyant à moitié nues dans de longs couloirs somptueux d’hôtels décadents mais chics, plus alerte face à de jolies langues pendues, il n’en reste pas moins que le journal photographique de l’animal (visible sur Purple Diary) relève d’une parfaite maîtrise de la grande et petite histoire (considérant évidemment qu’ici la grande histoire est celle de la sphère des itboys&girls de la sphère mondaine et arty). Exposé jusqu’au 2 Janvier à la galerie Half en plein Lower East Side, il ne serait pas concevable d’imaginer terminer la visite de l’exposition sans un plongeon dans l’univers du Sieur, en dînant par exemple chez Freemans puis en réchauffant le cœur hivernal de new-yorkais en mal d’amour, en grimpant sauvagemment sur le bar de Lit Lounge.

Half Gallery, 208 Forsyth St / Lower East Side


 

Talkin' Bout a Revolution

Si votre chemin vous mène ces prochains jours plus volontiers vers Londres que Rome, ne ratez pas l’exposition «Fashion Revolution» au Somerset House de Londres jusqu'au 23 décembre, scénographié par le Showstudio de Nick Knight, l’un des photographes anglais les plus reconnus et innovants de sa génération. A l’image de son travail, l’exposition met en lumière un monde dont la perception doit changer, influencée par notre ère digitale, interactive et Web 2.0. Un monde qui doit dépasser ses représentations conventionnelles et revendiquer pleinement son influence sur le champ de la culture visuelle contemporaine et sa volonté de repousser les frontières de son champ d’intervention. Des installations interactives, des films, des performances et une programmation survoltée d’événements animent l’exposition... comme la possibilité d’assister au shoot de Natalia Vodianova pour Vogue par Nick Knight, de graffiter la statue de Naomie Campbell en live, de créer des images pour la tournée de Lady Gaga... Qu’un éminent photographe reconnaisse et favorise l’émancipation de la mode, qu’elle ne soit plus seulement l’apanage de ces derniers, est effectivement annonciateur d’une révolution en marche...

 
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